LE PROGRES PARLE DE NOUS

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EVELYNE CHEVIGNON, UNE CHEFFE D'ENTREPRISE AUX MULTIPLES COMBATS

Cette série, au coeur de l'été, présente des actions et engagements de femmes du Roannais. Modestes et souvent secrêtes, elles sont engagées au quotidien, convaincues qu'un monde meilleur est possible et qu'il passe par la transmission et le respect d'autrui. Premier portrait, celui d'Evelyne Chevignon, cheffe d'entreprise aux engagements multiples.

 

"Je ne sais pas si les actions que je mêne méritent d'être évoquées"

C'est par ces mots que débute l'entretien avec Évelyne Chevignon, cheffe d'entreprise, vice-présidente des femmes cheffes d'entreprise, mandat syndical (Medef Loire), formatrice à l'Université de la Mode sur le site Roannais et bénévole associative au sein de la Ligue Internationale contre le Racisme et l'Antisémitisme (Licra). Chacune des femmes rencontrées pour cette série de l'été 2023 tient sensiblement le même discours, empreint de modestie et d'humilité, par crainte de se mettre en avant. "C'est pour ça qu'on se ressemble, pour se donner de la force", poursuit-elle. Nous sommes en 1986, diplômée du lycée La Martinière de Lyon, Évelyne Chevignon intègre le monde du travail. Elle est styliste-modéliste dans le Roannais, puis responsable d'un bureau de style. Et déjà, elle est happée par la passion de la formation et du conseil. Elle part en mission en Tunisie, à la demande de fabricants qui réclament son aide pour mieux organiser leur entreprise, former les personnels et améliorer les relations avec leurs clients français. L'entreprise fonctionne toujours en 2023.

"Transmettre ce que je sais faire est une valeur à défendre"

En 2010, l'Université de la Mode à Roanne, antenne de l'Université Lumière Lyon 2, fait appel à ses compétences. Elle accepte et y enseigne toujours : "La perception des jeunes sur le monde de l'entreprise a changé en 15 ans, et leur contact m'apporte beaucoup dans mes fonctions de cheffe d'entreprise", dit-elle.

Enfin, avec l'association Trois de la Chambre de commerce et d'industrie, elle assure une présence sur le territoire pour "faire connaître le monde de l'entreprise aux lycéens, susciter des vocations".

"J'avais peur d'aller dans une entreprise", lui confie Louna, élève de seconde. "J'ai rencontré des gens passionnés, je sais que je vais continuer les études. Ce que je croyais est faux !" C'est grâce à ces messages qu'Évelyne poursuit avec énergie toutes ses missions.

"Mon engagement pour les femmes et la diversité et ma lutte contre les discriminations se fait au quotidien, au sein même de mon entreprise"

Lutter contre toutes les discriminations au quotidien 

Cet engagement domine tous les autres. "Mon engagement pour les femmes et la diversité ou ma lutte contre les discriminations se fait au quotidien, au sein même de mon entreprise", confie la patronne de PETIT BAIGNEUR qui se reconnait un point fort : "Travailler sur l'estime de soi ! Ce sont les clientes qui me poussent à poursuivre mes engagements."

 

PETIT BAIGNEUR : Une entreprise engagée qui veut pouvoir habiller toutes les femmes

"PETIT BAIGNEUR crée des lignes de vêtements pour femmes, toutes les femmes", dit Évelyne Chevignon, à sa tête depuis 2015, son siège est à Roane. Avant cela, la cheffe d'entreprise avait créé, en 2009, Envol, une entreprise au servie des marques de vêtements de prêt-à-porter et de luxe.
Aujourd'hui, PETIT BAIGNEUR emploie une dizaine de salariées et un apprenti. Les modèles créés à Roanne sont fabriqués en France : "Notre activité n'est pas interrompue", note la cheffe d'entreprise et "la fabrication se poursuit".

"Anticiper : une qualité nécessaire qui peut sauver son entreprise"

"La crise sanitaire a mis un frein à l'activité qui était très dynamique depuis 2015, quand j'ai repris l'entreprise", confie Évelyne Chevignon. "J'ai demandé à utiliser le Plan de sauvegarde des entreprises du tribunal de commerce à la sortie de la crise, pour obtenir un délai de remboursement du Prêt garanti par l'État que j'avais obtenu."
Cette décision a permis à l'entreprise de poursuivre son activité. Le PGE est réservé aux entreprises autonomes dans ses paiements qui ont un potentiel et souhaitent prendre le temps d'un restructuration. Il en facilite la mise en oeuvre : "Ne pas le faire aurait été une faute de gestions", avoue la cheffe d'entreprise. PETIT BAIGNEUR est sorti du plan en octobre 2022.

"Mon engagement : pouvoir habiller toutes les femmes, quelles que soient leurs origines et leur taille"

"La mode à paillette et les défilés actuels ne me satisfont pas, Je reconnais que je suis atypique, un peu décalée. Je l'accepte sans faire semblant d'être comme les autres", c'est ainsi que se décrit Évelyne Chevignon.
Elle reçoit régulièrement des messages de clientes qui lui font chaud au coeur comme celui-ci "Vous m'avez réappris à aimer mon corps, à être élégante et fière de ce corps que je n'aimais plus."
Nous savons pourquoi cette cheffe d'entreprise revendique une mode engagée, simplement en la pratiquant, "une mode vecteur d'une meilleure estime de soi. Ce n'est pas pour rien que j'ai hésité en styliste et assistante sociale", conclut-elle.